Notre nouveau codirecteur artistique

Samuel Sebban est avant tout passionné par tout ce que vous avez le plus honte d’aimer (#Marie-Mai #Glee). C’est en entendant Wannabe des Spice Girls qu’il a la révélation… Un jour, il sera dans un girls band. En attendant, il décide de mettre toutes les chances de son côté pour réaliser ce rêve. Chanteur, auteur, pianiste et comédien, il se forme en théâtre musical et joue dans l’adaptation française de The 25th Annual Putnam County Spelling Bee à Paris. En 2018, militant contre l’homophobie et l’antisémitisme, il écrit le spectacle musical Yalla!, qui se produit à Paris et à Berlin. Il perfectionne sa technique de hairographie (chorégraphie capillaire épileptique) sans cheveux, tout en continuant ses cours de Zumba. Mais c’est en septembre dernier que sa vie prend un nouveau tournant : il arrive au Québec.

Louis-Philippe : C’est ben cute, une biographie, mais j’ai la chance d’avoir Samuel physiquement avec moi en ce moment. Ça va être plus intéressant s’il nous en parle directement. Salut Samuel!

Samuel : Salut Louis!

LP : Pourquoi toi, en tant qu’artiste, tu as choisi d’investir ton temps et ton énergie en théâtre musical?

S : Je suis musicien à la base et c’est pour faire du théâtre musical que j’ai commencé à faire du théâtre. Au début, je sentais un peu que j’avais le cul entre deux chaises, mais je trouve ça trop génial de marier les deux. Le chant, c’est un peu intime. Tu te mets pas à chanter dans n’importe quelle situation. C’est précieux quand un personnage se met à chanter. C’est qu’il se passe quelque chose d’important. Ce que je veux faire, c’est partager ces moments-là sur scène.

Il y a des gens qui disent que c’est absurde qu’il se mette à chanter, alors que c’est le contraire! Tu veux qu’il fasse quoi d’autre? C’est la situation qui justifie l’usage de la musique et du chant et de la danse et… parce qu’il y a des choses que les mots peuvent pas dire à eux seuls. Les personnages se mettent à chanter parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement, il faut que ça sorte. Et je les comprends, je suis pareil!

En France, on est parfois un peu déconnecté de la raison pour laquelle on chante. On se met à chanter pour chanter ou à danser pour danser, alors que ce qui est vraiment beau, c’est l’harmonie entre les trois.

LP : En parlant de ça, qu’est-ce qui t’a fait venir au Québec?

S : J’ai déjà vécu ici, en fait, j’ai travaillé au Coup de cœur francophone (qui est un festival qui fait la promotion de la chanson francophone au Canada) et j’ai vraiment aimé. Je suis rentré en France finir mes études en commerce, mais je suis très content de revenir au Québec. J’ai hésité à choisir Ottawa ou Toronto, mais je préférais un environnement plus francophone. Ma langue maternelle, c’est la langue de mes émotions. C’est avec elle que j’ai structuré ma vision du monde. C’est important pour moi de travailler en français. Les anglophones, ils font très bien ça, le théâtre musical, mais en français, on a encore beaucoup de progrès à faire. On peut s’appuyer sur leur modèle et sur les codes du théâtre musical typiquement anglo-saxon, mais il nous reste encore à y apporter nos propres initiatives.

C’est entre autres pour ça que j’ai décidé de venir au Québec. L’enjeu de la francophonie est plus important ici, la langue se bat pour survivre et c’est une langue vraiment vivante, qui est extrêmement métissée et c’est tellement beau. C’est un bon reflet de la société qui la parle. Ça fait changement du français de conservatoire poussiéreux qu’on a en France! Si tu essayais d’appliquer la grammaire de France au Québec, tu t’arracherais les cheveux! Mais j’en ai plus, donc c’est pas grave!

LP : Haha! Pas pire joke ça, ça te dérange si on le met dans le texte?

S : Ben non, c’est drôle!

LP : Excellent! Et maintenant, Samuel, en tant que nouveau directeur artistique…

Samuel : D’ailleurs, c’est quoi ça au juste un directeur artistique? Personnellement, je me vois plus comme un ambianceur que comme un directeur. Je veux pas diriger les gens, moi, je veux créer une ambiance de travail, où tout le monde peut trouver sa place.

LP : Wow, j’ai l’impression que ça répond à ma prochaine question, mais… Qu’est-ce que tu veux apporter au Phoenix?

Rien. En fait, ça dépend de vous! Moi, je viens ici pour rencontrer des personnes qui sont dans le même trip que moi et qui partagent la même dynamique. Et là-dedans, je veux être la personne qui permet aux autres de trouver leur place et d’y trouver leur compte. Il faut que les gens aient du fun! C’est tout! Si on a ça, c’est déjà beaucoup! J’ai envie que le Phoenix soit une tanière pour tous les gens qui ont comme moi envie de prendre le risque de créer!

C’est un risque qui est à la fois artistique et entrepreneurial. La création et la production, c’est deux aspects qui se gèrent complètement différemment, mais qui créent tous les deux beaucoup d’excitation. J’ai fait les deux et j’ai eu ma dose du côté entrepreneurial. Maintenant, je veux vraiment faire quelque chose qui me fait triper et je veux triper avec du monde. Je viens au Phoenix pour me reconnecter à pourquoi je fais ça. Je veux pas prouver quoi que ce soit, je veux juste me retrouver avec des gens qui se mettent à nu sur scène.

LP : Ben merci Samuel, je suis certain qu’on va bientôt tous se mettre à nu ensemble! Bienvenue au Phoenix!