La croisée des chemins (mais pas le film de Britney Spears)

Beaucoup d’adolescents, en ce moment même, pratiquent seuls – ou avec des amis – un art quelconque, tel que le piano, la peinture, l’écriture, ou le chant. Beaucoup d’entre eux se feront ou se sont déjà fait demander « Oui, c’est beau ton [insérer ledit art]. Mais tu veux faire quoi comme vraie job? »

Chacun de ces adolescents ne peut pas compter sur une illustre carrière dans le domaine des arts; les statistiques l’ont démontré à maintes reprises. La réussite artistique est élusive et un salaire en résultant l’est encore plus. Considérant ce fait, beaucoup de nos adolescents vont perdre espoir et passion dans leur art, se disant que leur temps serait plus rentable ailleurs.

Je ne vous apprends rien en vous disant que l’art est rarement rentable. Pourtant, est-ce que cela veut dire que l’art ne peut pas être profitable?

J’ai eu la chance d’être présente dès les balbutiements d’organisation du Phoenix Musical, en tant que conseillère aux affaires juridiques et administratives. J’ai ensuite été vice-présidente exécutive et je suis maintenant directrice générale. Bien que l’organisme ait un objectif artistique, le côté plus créatif a été et est entrepris par d’autres de mes amis et collègues. Je me concentre plutôt sur l’administratif.

Or, j’ai été adolescente, moi aussi. J’ai fait de l’écriture, de la musique, de la poésie, de la peinture. J’ai étudié en arts et lettres au cégep et j’étais assez encouragée par mes professeurs pour envisager sérieusement d’étudier en arts à l’université. Malgré cela, le terme ‘’vraie job’’ me narguait. J’ai décidé de changer de cap (plusieurs fois). Je travaille maintenant en droit et j’adore ça.

À force de regarder les spectacles du Phoenix Musical, je me disais que j’aimerais peut-être les joindre sur les planches, pas juste derrière les rideaux. Pourtant, j’avais pris la décision, il y a de cela plusieurs années, que ma carrière ne serait pas dans les arts et il était trop tard pour changer d’idée.

C’est alors que j’ai réalisé que le choix qu’on nous impose très tôt entre être artistique et rentable est faux. Ce n’est pas parce que j’aime gérer des projets, travailler en droit ou être rationnelle que je ne peux pas être artistique. Mes chèques n’ont pas besoin d’être encaissés au nom de l’art pour valoir la peine. Ce n’est pas parce que je participe à la production d’Au fond des bois cette année que je suis moins bonne dans mon travail.

Cette dualité que j’ai toujours sentie en moi n’en était pas une du tout, en fait. C’est ce que j’ai appris sur moi cette année. Je n’ai jamais eu à choisir entre l’art ou le reste, c’était toujours ok de faire les deux.

Donc, je me présente, Sam Cousson-Despots, je suis DG au Phoenix Musical et j’ai joué Florinda dans notre production d’Au fond des bois, en collaboration avec le CoMUM. Je chante dans ma douche, je fais de la peinture, je travaille en droit et j’adore les documentaires.

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